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Moyens de lutte par domaines
Après les grands principes, voici quelles pourraient être les mesures concrètes, sur le terrain, à recommander en fonction des endroits où se trouvent les populations d’ambroisie. Les jardins particuliers Sur de petites surfaces, le meilleur moyen est l’arrachage manuel des plants d’ambroisie. A faire avant fin juillet, époque de début de pollinisation, et avec des gants. Eventuellement à renouveler en octobre (après floraison) pour éviter que les graines ne réensemencent le sol. S’il s’agit d’une pelouse nouvellement installée, la tonte régulière suffira à empêcher l’ambroisie de fleurir. Les graminées de la pelouse envahissant toute la surface empêcheront les années suivantes les graines d’ambroisie de germer. Les bords de routes départementales Des procédures de lutte ont été mises au point par les services de l’ex-DDE, aujourd’hui les Directions des Routes des Conseils Généraux. Il s’agit essentiellement de fauchages/broyages des bas côtés à des époques précises. Ce qui peut conduire à de légers surcoûts pour le CG. Le problème principal est la coupe d’été, période où le personnel est moins nombreux. Dans certains secteurs, ces services ont semé de la luzerne ou du trèfle sur la bande de terre au contact du macadam. C’est très efficace pour empêcher la germination de l’ambroisie (l’ambroisie a besoin de soleil pour germer et pousser). Les bords de routes communales Demander aux employés municipaux de faucher/broyer les bas côtés en fin juillet pour éviter aux pollens d’être dispersés. Une 2° coupe en octobre est souvent nécessaire si les repousses d’ambroisie ont eu le temps de produire des boutons de fleurs. D’une façon très générale, la fauche sur le bord des routes doit se faire avant la pollinisation : AVANT QUE LES ÉPIS DE FLEURS MÂLES JAUNISSENT. Mais pas trop tôt, pas avant fin juillet, sinon on favorise la ramification de la plante avec davantage de fleurs ! Les chantiers de travaux publics Les donneurs d’ordre, en général des collectivités ou sous leur contrôle, doivent impérativement imposer une clause ambroisie dans tout contrat passé avec une Société de BTP, avec pénalités en cas de non exécution. Il peut être demandé : - de s’assurer que les terres importées sont exemptes de graines d’ambroisie - de végétaliser toutes les surfaces travaillées avec des plantes couvrantes, ray gras par exemple. Aucune surface ne doit rester à nu, sinon l’ambroisie poussera. Puis suivre la bonne exécution du chantier. Les friches industrielles Si les demandes du Maire ne suffisent pas, celui-ci peut faire intervenir, d’autorité et aux frais du contrevenant, une entreprise pour nettoyer le terrain. Ceci en application de l’arrêté préfectoral ambroisie en vigueur. Les bords de rivières Les bords de certaines rivières, surtout celles qui présentent des assecs caillouteux, comme la Drôme, sont difficiles à traiter, les herbicides étant évidement proscrits. Les riverains sont soit des propriétaires privés, soit des gestionnaires du domaine public. La Réserve Naturelle des Ramières, sur la rivière Drôme, expérimente avec succès depuis 2004 le pacage de moutons. La Compagnie Nationale du Rhône est également très active sur les berges du Rhône. Le domaine agricole Le domaine agricole est de loin le principal générateur de pollens et de graines d’ambroisie, environ les trois quart du total. Cette forte proportion s’explique, en partie, par l'ampleur des surfaces exploitées. Sont essentiellement concernées par l’ambroisie les zones de grandes cultures, ainsi que les vergers mais de manière moins importante. Les forêts et les prairies sont en général épargnées car l’ombre des arbres et la présence d’herbes permanentes empêchent l’ambroisie de germer. Les vignes sont en général épargnées, les interventions sur le sol étant fréquentes. C’est souvent chez les mêmes agriculteurs que le problème est important et s’amplifie. La plupart d’entre eux maîtrisent pourtant les techniques de désherbage… Les agriculteurs bénéficient de manière constante de conseils techniques de la part des organisations professionnelles telles que les Chambres d’agriculture et les Instituts techniques spécialisés CETIOM et ARVALIS et les coopératives agricoles. Il convient de distinguer plusieurs situations : - l es cultures d’hiver récoltées en début d’été représentent environ la moitié de la pollution d’origine agricole . Il s’agit le plus souvent de chaumes de céréales. Après la moisson, les jeunes plants d’ambroisie se retrouvent à la lumière et se développent donc fortement. Il convient donc d’éliminer l’ambroisie soit par un moyen mécanique (déchaumage, fauchage), soit par un désherbage total . Ce travail doit se faire avant la floraison, soit en général fin juillet. La technicité et le coût de ces traitements restant modestes, il est tout à fait anormal de voir des chaumes envahis par de l’ambroisie en fleur. - Les cultures de printemps et les tournesols Dans ces cultures, surtout celle du tournesol, les actions contre l'ambroisie ne peuvent être que préventives puisqu'on ne peut plus intervenir en cours de végétation. La lutte contre les adventices en général et contre l'ambroisie en particulier est rendue très difficile. Plusieurs moyens existent cependant : * le désherbage mécanique en post levée, au niveau 4 à 6 feuilles * le désherbage chimique au semis, coûteux, peu écologique, performances moyennes * l'utilisation de nouvelles semences tolérantes. Cette nouvelle piste semble prometteuse. Contrairement à ce que pense certains groupuscules écologistes il ne s'agit pas de plantes OGM mais de plantes issues de la sélection de variétés mutantes, tout comme la quasi totalité des plantes alimentaires que nous consommons depuis que l'homme s'est sédentarisé. Pour en savoir plus : Voir vidéo Les plantes alimentaires, leur sélection Dossier du CETIOM sur le tournesol tolérant - Les maïs. Les traitements appliqués aux semis de maïs permettent d’éviter à l’ambroisie de pousser à l’intérieur de la culture. D’autre part le maïs est récolté suffisamment tard pour que l’ambroisie résiduelle n’ai pas le temps d’entamer son cycle végétatif avant l’hiver. Par contre, les bordures de champs de maïs sont souvent envahies d’ambroisie du fait que les agriculteurs ont l’interdiction d’appliquer leurs traitements à moins de 1.50 m du fossé. Le broyage semble être la seule solution restante. Ces zones faisant partie du domaine privé, les Services de la Direction des Routes du Conseil Général n’y ont pas accès.
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